🔴 Non au démantèlement du Centre Historique de la Résistance en Drôme et de la Déportation

L'oukase est tombé lors du dernier conseil municipal. Le transfert aux Archives qui entérine la disparition du Centre Historique de la Résistance en Drôme et de la Déportation a été officialisé par l'adjoint au Patrimoine, Laurent Jacquot.

Il est paradoxal que le coup de grâce soit porté par un professeur d'histoire et de géographie qu'on attendait certainement dans un autre rôle, pas celui en tout cas de faciliteur du démantèlement de la mémoire commune et de la perte de repères qu'on n'a cesse de regretter dans notre société déboussolée.


Le sort de notre Centre Historique a été aussi vite expédié que celui des résistants qui ont combattu la barbarie nazie. Ignorés et méprisés aussi les fondateurs de ce centre de mémoire qui se sont investis sans compter dans les années 70 pour sa création et qu'on considère aujourd'hui, 75 ans après les faits, comme des ringards appartenant au passé. Pourtant ils avaient participé à l'édifiction d'une entité qui par les valeurs qu'elle véhicule : Liberté , Démocratie, Respect de l'humain, échappe à toutes contingences temporelles.


Les raisons de ce transfert sont fumeux et obscures : manque de modernité, cohabitation impossible avec le musée de la chaussure, pression de l'ancienne conservatrice du musée qui siège dans la majorité municipale actuelle, chantage aux subventions de la Direction Régionale de l'Action Culturelle. Tout y passe, car comme dit le proverbe, quand on veut se débarraser de son chien...... Pour faire diversion et passer la pilule, on mouille même l'ancienne municipalité de gauche en l'accusant d'avoir elle même envisagé ce transfert du Centre de la Résistance en Drôme et de la Déportation alors qu'elle n'a eu de cesse de le conforter en mettant en place un conseil scientifique, en étendant les locaux, de mettre un personnel dédié pour assurer son fonctionnement .

Les associations patriotiques regroupées dans le Comité d'Entente attendent depuis des mois que la municipalité leur présente les nouveaux locaux promis dans le site des archives. Une pétition a recueilli 2 500 signatures pour que la ville renonce à son projet. En vain.


Ainsi après la perte du rugby (feu l'USRP), l'incertitude sur le devenir de la Foire du Dauphiné, la démolition du tènement Charles Jourdan, l'agonie de la MJC Robert Martin, la grande braderie des structures romanaises se poursuit. Certaines trouveront preneurs par le prestige et les retombées qu'elles peuvent susciter, d'autres tomberont dans les oubliettes de l'histoire.

C’est la raison pour laquelle en une démarche ultime nous saisissons Mme la Ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens Combattants Geneviève Darrieussecq afin qu’elle appelle à la raison Mme le Maire.


Isabelle PAGANI, Yasmina BOYADJIAN et Valentin ROBERT

Élus pour le groupe Romans en Commun

🎥 Retour en vidéo sur l’intervention de Monsieur Laurent JACQUOT, adjoint au maire de Romans sur Isère, délégué au Patrimoine Historique, aux Archives, au devoir de Mémoire, lors du conseil municipal du 29 juin 2021 concernant le devenir du Centre historique de la Résistance en Drôme et de la Déportation.

Notre courrier à la Ministre déléguée auprès de la Ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants

INFORMATION SUR LE MUSEE DE LA RESISTANCE ET DE LA DEPORTATION DE LA DROME


Madame la ministre,


Nous souhaitons porter à votre connaissance une situation qui nous inquiète particulièrement sur notre ville de Romans-sur-Isère et relative au projet de la municipalité en place.


Il existe sur notre ville un musée de la Résistance et de la Déportation de la Drôme et un musée de la chaussure qui cohabitent depuis leur création.


Le premier a été créé par d'anciens Résistants et Déportés en 1972. Romans a été un centre important de la Résistance où plusieurs compagnies ont été créées en 1943 et notamment par des Romanais.


Seuls deux musées dédiés à cette période sombre existent sur notre territoire, à savoir celui de Romans et celui de Vassieux dans le Vercors.


Il a pour objet notamment d'intéresser particulièrement les groupes scolaires et les enseignants. Les objets proposés parlent aux jeunes élèves où des anciens Résistants accompagnaient les groupes. Il reste à ce jour qu'un seul Résistant vivant.


En février 2021, la ville de Romans a fait savoir aux associations d'anciens combattants, par un communiqué, de fermer le musée et de transférer le contenu aux archives communales. Un lieu confidentiel, plus petit qui réduira toute possibilité d'expositions.


Une décision unilatérale prise par la majorité en place sans avoir préalablement consulté le conseil scientifique composé de fondateurs et de membres d'associations mémorielles.


Les associations des anciens combattants se sont opposées à un tel transfert. Elles considèrent à juste titre que c'est une atteinte à la mémoire de ceux qui l'ont créé avec le souci de perpétuer le souvenir de cette période tragique importante pour notre histoire locale et nationale. C'est un mépris affiché vis-à-vis de celles et de ceux qui ont combattu au péril de leur vie pour la libération du pays.


Des professeurs honoraires d'histoires-géographie se sont également manifestés et se sont émus de la situation incompréhensible, comme d'autres associations d'anciens combattants provenant d'autres territoires. Une pétition a été lancée recueillant très rapidement 2 500 signatures.


Les défenseurs du musée se sont constitués en comité représenté d'anciens combattants pour défendre le musée.


Mme le Maire répond en proposant la numérisation des documents qui tendra à faire perdre tout de l'émotion ressentie face aux objets, comme des connaissances fournies entre autres par la carte animée en relief, une porte d'un train de déportation. La perte du concret induite par le support numérique réduira auprès des jeunes la portée pédagogique que revêt une visite au musée par son caractère d'exception.


Nos interventions en conseil municipal n'ont pas permis de modifier la décision de Mme le Maire et la prise de parole de Mr JACQUOT 4ème adjoint de la ville délégué au « Patrimoine Historique, aux Archives, au devoir de Mémoire » au Conseil Municipal ce mardi 29 juin, nous permet de penser sérieusement que la décision est définitivement actée.


C'est la raison pour laquelle nous venons vers vous pour vous alerter sur les conséquences d'une telle décision qui va à l'encontre des valeurs de notre Nation et où le devoir de mémoire doit être envers et contre tout défendu et préserver, particulièrement en cette période ou la perte de repères « déboussole » notre société.


Nous restons à votre disposition,


Veuillez croire, Madame la ministre, en l'expression de notre haute considération.


Isabelle PAGANI Yasmina BOYADJIAN Valentin ROBERT

Elus dans le groupe d'opposition « Romans en Commun »

⚠️📽 Voici une Réponse de la ministre en charge de la Mémoire et des Anciens combattants, Geneviève Darrieussecq, dans l’émission #ApollineMatin que l’on avait de notre côté interpellée en juillet par courrier pour lui faire état de nos inquiétudes quant à la fermeture du musée de la Résistance en Drôme et de la Déportation.