POURQUOI ROMANS PERD DE SES HABITANTS ?

L’INSEE a publié le 29 décembre 2021 les chiffres relatifs au nombre d’habitants pour les communes drômoises pour 2022.


Le résultat est une nouvelle fois négatif pour Romans-sur-Isère qui compte 534 Romanais de moins qu’en 2013. A contrario nos villes sœurs comme Valence et Montélimar connaissent une forte expansion de leur population avec plus 2 982 habitants pour Valence et plus 3 175 habitants pour Montélimar. A noter également que la population de la Drôme a augmenté de 0,7% en six ans et que celle de notre Région de 0,6%.


Romans est ainsi la seule grande ville de la Drôme à perdre des habitants depuis 2014 date à laquelle Mme Thoraval a été élue Maire de Romans.


Une nouvelle fois la communication municipale est mise à mal par la réalité implacable des chiffres.


Depuis 2008 la ville n’avait jamais connu une telle situation. Jusqu’en 2013 si elle bénéficiait d’une hausse régulière de ses habitants c’était parce que notamment elle maintenait ses offres de services de proximité : écoles, collèges et lycées, équipements sportifs et culturels, nombreuses associations diverses et variées, marchés, gares routière et ferroviaire, hôpital, théâtres et cinémas, tribunaux et installations de grandes entreprises. Une ville qui arrivait à se projeter malgré ses crises successives tout en sauvegardant ses acquis. La création de la cité de la musique inaugurée en 2013 est le dernier projet structurant construit à Romans. Un service public novateur qui contribue incontestablement à l’attractivité de notre ville comme l’a été l’installation de Marques Avenue en son temps ou autre exemple celle de l’entreprise Appétit de France. Une volonté pleine et entière des élus en place d’élever la ville et de la défendre.


Mme Thoraval tente de justifier cette baisse qui existe sous ses mandats uniquement par les démolitions des logements sur la monnaie. Un tel argument ne peut justifier à lui seul cette baisse. C’est se moquer ouvertement des Romanais. Le dispositif gouvernemental de rénovation urbaine pour les quartiers de la politique de la ville existe depuis 2003 et Romans avec la monnaie fait partie des premières villes de France signataires. Valence a également signé ce programme. Il impose la reconstruction de 50 % des logements sociaux détruits, à l’extérieur du quartier. A Romans depuis 2014 aucun programme n’a vu le jour alors que c’est le cas sur les communes voisines.


Les raisons de la situation actuelle sont nombreuses et diverses liées à de mauvais ou de non-choix politiques depuis 2014 et qui aujourd’hui se retournent contre les Romanais.


Une défense inexistante des intérêts Romanais au sein de l’agglo : départ pour Valence du siège du bailleur social et de celui de l’office du tourisme, départ des trophées des entreprises, abandon des services stratégiques de la ville à l’agglo avec la fuite de ses agents, absorption de l’USRP par le club valentinois sans chercher à préserver à minima des matchs à Romans, abandon du déplacement de la foire par la création d’un parc des expositions. Une politique éducative reléguée (hausse des tarifs, baisse de dotations, services temps d’activité périscolaire payants alors qu’ils sont gratuits dans les villes avoisinantes, diminution des ATSEM). Mise à mal du tissu associatif, carnaval relégué, gestion calamiteuse du dossier du tènement Jourdan. Retrait des services publics (fermetures des mairies-annexes, d’un bureau de vote, d’un centre de loisir). Une politique de santé quasi inexistante : perte d’un grand nombre de médecins dont certains se sont installés sur les communes très proches. Abandon du dossier du centre de santé du bas de la ville. Une politique inexistante de constructions de logements sociaux. Une fiscalité foncière augmentée incitant les nouveaux habitants à préférer les communes périphériques pour un taux nettement plus faible tout en bénéficiant des infrastructures et offres de services Romanaises.


Tous ces choix politiques conduisent petit à petit notre ville à perdre de son attrait et les conséquences sont importantes.


N’en déplaise à Mme THORAVAL une ville attractive est une ville qui connait une croissance de sa population. Force et de constater qu’à Romans sur Isère ce n’est plus le cas depuis 2014.


Isabelle PAGANI, Yasmina BOYADJIAN et Valentin ROBERT

Elus du groupe Romans en Commun