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DES ARRETES MUNICIPAUX LIBERTICIDES, DISCRIMINANTS ET INOPÉRANTS

Nous sommes alertés par des Romanais de la prise récente d’arrêtés municipaux par Mme le Maire qui suscitent inquiétudes et questionnements. Arrêtés qui n’ont pas été médiatisés et dont les élus d’opposition n’ont pas été informés.


Ces décisions sont motivées dans leurs écrits par de nombreuses plaintes de riverains subissant quotidiennement les actes de délinquances et d’incivilités.


Cela fait maintenant plus de 7 ans que d’importants investissements financiers sont dédiés à la politique de sécurité décidée par la majorité au détriment de la prévention qui subit de grandes coupes budgétaires et alors que la compétence en la matière reste celle de l’Etat.


100 caméras ont été installées sur la ville sous le mandat précédent pour un montant de 2,4 M€ et pour celui à venir 100 autres supplémentaires seront financées à hauteur de 2 M€. La police municipale a vu ses effectifs multipliés par trois avec la création de quatre brigades armées (jour, nuit, moto et cynophile). Des dispositifs tel que « voisins vigilants » ont vu le jour. Tout un arsenal en la matière qui de toute évidence ne produit pas les résultats escomptés alors que les nombreuses promesses électorales en la matière ont été régulièrement formulées.


De toute évidence cette politique ultra sécuritaire ne fonctionne pas et la majorité en place plutôt que de tirer les conséquences de l’évidente situation critique continue aveuglément dans la course à l’échalotte en prenant soin de masquer son incurie par la publication d’arrêtés municipaux qui dans les faits sont liberticides, discriminants, inopérants voire grotesques. Par la prise de ces arrêtés les interdictions se multiplient sur le domaine public mais dans certaines rues Romanaises : interdiction de se réunir à plus de trois, interdiction d’installer des piscines gonflables, interdiction de faire la quête, interdiction de fumer le narguilé (ou chicha)...


S’il est éminemment contestable voire dangereux et inconstitutionnel d’interdire aux citoyens de se réunir à plus de trois dans telles rues Romanaises, il est également discriminant que ces arrêtés ne puissent s’appliquer uniquement sur certains secteurs de la ville alors que l’insécurité sévit sur l’ensemble du territoire. Comme il est tout aussi grotesque de prétendre lutter contre l’insécurité par l’interdiction d’installation d’une piscine ou d’un barbecue dans une rue.


On paye aujourd’hui l’abandon d’une politique préventive.


Car oui, la lutte contre l’insécurité ne peut s’envisager sans mener en parallèle une politique de prévention. Il faut augmenter les effectifs des éducateurs de rue et des médiateurs qui ont été diminués comme peau de chagrin ces dernières années, réouvrir les centres de loisirs récemment fermés dans les quartiers prioritaires pour les 6-11 ans avant que la rue ne les attire, remettre une ligne budgétaire pour l’insertion, redonner sens aux valeurs symboliques de la République par la réouverture de services publics, donner à l’école les moyens matériels d’agir pour accompagner les enfants vers le chemin de la citoyenneté... La prévention doit être le pendant de la sécurité.


Ces arrêtés sont choquants et nous allons solliciter Mme le Préfet de la Drôme afin qu’un contrôle de légalité puisse s’opérer.


Pour « Romans en Commun » : Isabelle PAGANI, Yasmina BOYADJIAN, Valentin ROBERT